Neuf départements de l’ouest sont passés en vigilance rouge canicule le 10 juillet 2026 — la première fois cette année que ce niveau maximal est déclenché. C’est le troisième épisode de chaleur intense depuis fin mai, et le réseau électrique commence à montrer des signes de fatigue : plus de 100 000 foyers ont déjà subi des coupures locales lors du premier épisode fin juin, dont 6 700 en Île-de-France en une seule journée.

Ce n’est pas un hasard météo isolé. C’est une mécanique précise, qui se reproduit à chaque nouvel épisode — et qu’il vaut mieux comprendre avant qu’elle ne te tombe dessus en pleine canicule.

Pourquoi la chaleur fait littéralement sauter le courant

L’essentiel du réseau électrique passe sous nos pieds, dans des câbles enterrés sous l’asphalte. Le problème, c’est que le bitume emmagasine la chaleur en journée et la restitue en continu, y compris la nuit — la température peut y grimper jusqu’à 80°C sous certaines rues, sans jamais vraiment redescendre. Les câbles, dont une partie a été posée entre 1965 et 1981, vieillissent plus vite dans ces conditions et finissent par déclencher les protections automatiques du réseau, provoquant une coupure locale.

En surface, le phénomène est différent mais s’ajoute au premier : la chaleur réduit la capacité de transport des lignes aériennes, qui se dilatent et s’affaissent légèrement entre les pylônes — réduisant les marges de sécurité vis-à-vis de la végétation ou des bâtiments proches.

À ça s’ajoute une demande qui explose au pire moment : climatiseurs et ventilateurs tournent tous en même temps aux heures les plus chaudes. Selon RTE, chaque degré supplémentaire au-delà de 25°C fait grimper la consommation nationale d’environ 500 mégawatts. Résultat : le réseau encaisse une fragilité accrue et une demande record, simultanément.

Ce que dit officiellement RTE

Le gestionnaire du réseau de transport reste rassurant sur le fond : à l’échelle nationale, RTE indique ne pas anticiper de risque de rupture généralisée pour l’été 2026, et rappelle qu’un plan d’investissement de 24 milliards d’euros d’ici 2040 vise justement à adapter le réseau au changement climatique.

La nuance importante : ce discours concerne l’équilibre national entre production et consommation. Il n’exclut pas des coupures locales et temporaires, notamment en zone urbaine dense où le réseau souterrain est le plus sollicité — c’est exactement ce qui s’est déjà produit à plusieurs reprises depuis fin mai.

Le réflexe si le courant saute chez toi

Vérifier avant de paniquer. Consulte la carte des pannes en ligne d’Enedis, ou appelle le numéro dédié à ton département : 09 72 67 50 suivi des deux chiffres de ton département (par exemple 09 72 67 50 75 pour Paris).

Débrancher les appareils sensibles. Ça évite les surtensions au moment du retour du courant, qui peuvent endommager certains équipements électroniques.

Ne pas ouvrir le frigo ni le congélateur inutilement. Un réfrigérateur fermé garde le froid environ 6 heures, un congélateur environ 48 heures. Ouvrir la porte “pour vérifier” toutes les vingt minutes est justement ce qui accélère la perte de froid.

Rester informé sans réseau mobile si besoin. Si la coupure touche aussi les antennes-relais du quartier, notre article sur comment communiquer en situation de crise explique les réflexes qui fonctionnent encore.

Pour tout le reste — tenir plusieurs heures ou plusieurs jours sans électricité en appartement — notre guide complet sur la coupure d’électricité longue durée détaille ce qu’il faut avoir préparé à l’avance.

Le lien avec la chaleur elle-même

Une coupure de courant en pleine canicule cumule les problèmes : plus de ventilateur, plus de frigo pour garder l’eau fraîche, parfois plus d’ascenseur pour les personnes à mobilité réduite dans les étages. Notre article sur comment tenir la chaleur en appartement reste la référence pour la partie santé et confort thermique — celui-ci se concentre sur la partie infrastructure, mais les deux se complètent directement en cas d’épisode combiné.

Sources : RTE, Enedis, L’EnerGeek, Hello Watt, Selectra (juillet 2026).